Cinquième ville – La cité des hémisphères
La ville est une étincelante feuille de cristal au milieu de bois et de vertes collines. Quand on en approche, on comprend qu’elle est faite des couvercles de 10 044 900 sarcophages cristallins de 185 centimètres de long, 61 centimètres de large et 61 centimètres d’épaisseur. Les parois qui séparent les sarcophages sont transparentes; le fond est toutefois d’un blanc brillant. A l’intérieur de chaque sarcophage repose un individu immobile, les yeux fermés, qui respire de l’air conditionné et est alimenté par un flux sanguin – en fait, le système circulatoire est relié à un appareil de purification et de régénération qui empêche le vieillissement grâce à l’élimination des toxines et à l’apport de doses d’hormones.
Une série d’électrodes appliqués sur le crâne contrôle un appareil sensoriel externe, de forme hémisphèrique, de diamètre 30,5 centimètres; cet hémisphère de métal argenté peut se déplacer et rester immobile dans l’air et sur terre grâce à un système de propulsion qui n’émet ni gaz ni bruit et fonctionne indéfiniment. On pourrait croire que les centaines de milliers d’hémisphères qui occupent l’air et sont suspendus en permanence au-dessus de la ville et ses environs sont mus par télékinésie.
La surface plate de l’hémisphère contient les organes sensoriels: la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher. Les sensations qu’ils perçoivent sont transmises directement au cerveau de l’individu qui dirige l’hémisphère.
Il arrive qu’on voie des hémisphères placés sur le sarcophage de leur propriétaire, exactement au-dessus de la tête. C’est la posture connue sous le nom de “méditation profonde”. A d’autres moments, surtout les jours de soleil, on voit de nombreux hémisphères unis par couples; c’est la posture de l’ “amour sublime”; ces unions spirituelles n’ont pas le pouvoir naturel de créer la vie mais c’est inutile en un lieu où la mort n’existe pas.
Superstudio / Dodici Città Ideali / 1971

“In 1977 Oswald Mathias Ungers and a group of architects worked on a project for Berlin called “Berlin as Green Archipelago”. The main hypothesis of this project was that the process of de-population, and urban crisis could turn into a possible “ideal” for the city. Ungers proposed the form of the city as an archipelago of dense urban artefacts surrounded by a forest that would gradually replace existing (empty) portions of the city. Thought “Berlin as Green Archipelago” was a specific project for Berlin it can be regarded as a paradigmatic example of a political and formal interpretation of the city. The lecture will address Ungers’ Archipelago not so much within its own historical context, but more as a heuristic device that can help to trace back important categories of the city such as the irreducible difference between city and urbanization, the concept of the formal, the concept of the political, and the role of organization of work in the formation of contemporary urbanity.” ETH Studio Basel
